CÉDANCE.

Prix de cession d'un bureau de tabac : ce qui se paie réellement

La plupart des estimations que vous lirez sont des barèmes théoriques. Celle-ci est une mesure : 1 747 cessions de débits de tabac réellement publiées en France sur douze mois, soit la quasi-totalité du marché.

Période mesurée : 19 août 2025 au 19 août 2026. Source : annonces légales BODACC. Mise à jour trimestrielle.

250 000 €

C'est le prix médian d'une cession de bureau de tabac en France. Autrement dit, une cession sur deux se conclut en dessous.

La distribution complète

Un prix médian ne dit pas grand-chose seul. Ce qui compte, quand on négocie, c'est de savoir où se situe le fonds qu'on regarde dans l'ensemble du marché.

RepèrePrixLecture
Minimum retenu1 000 €Seuil bas du filtre, en dessous ce sont des cessions symboliques
1er décile55 000 €10 % des cessions se font en dessous
1er quartile120 000 €25 % en dessous
Médiane250 000 €Une cession sur deux
3e quartile490 000 €25 % au-dessus
9e décile750 000 €10 % au-dessus
Maximum observé5 800 000 €Très gros fonds parisien

Le piège de la moyenne

La moyenne de ces 1 747 cessions ressort à 354 837 €, soit 42 % au-dessus de la médiane. Et 63,4 % des cessions se concluent sous cette moyenne : près de deux sur trois.

Cet écart n'est pas une curiosité statistique, c'est un piège de négociation. Il signifie que le marché est tiré vers le haut par une minorité de très gros fonds : le maximum observé est à 5,8 millions d'euros, quand la moitié des transactions se conclut sous 250 000 €.

Conséquence directe. Si un vendeur ou un intermédiaire justifie son prix par « la moyenne du marché », il vous compare à un ensemble déformé. Sur ce marché, la référence utile est la médiane, et surtout le quartile dans lequel se situe réellement le fonds que vous regardez.

Comment ces chiffres sont obtenus

La méthode est volontairement simple et reproductible. Vous pouvez la refaire.

Correction du 19 août 2026. La première version de ce baromètre annonçait une médiane de 260 000 € sur 1 103 annonces, et présentait comme limite principale le fait que 37 % des annonces ne publiaient pas de prix. C'était inexact. Notre extraction ne reconnaissait qu'une seule rédaction du montant et manquait les greffes qui écrivent « 495000,00 euros » ou « 700000 EUR » : Paris, Lyon et Nantes en étaient entièrement absents. Après correction, 1 747 annonces sur 1 761 publient bien un prix, et la médiane s'établit à 250 000 €. Les ordres de grandeur n'ont pas bougé, la couverture si.

Le prix médian par région et par département

C'est l'écart le plus violent de cette mesure, et celui que les barèmes nationaux effacent complètement : un bureau de tabac se paie près de six fois plus cher à Paris que dans la Manche. Comparer un fonds à une médiane nationale, c'est donc le comparer à un marché qui n'est pas le sien.

Par région

RégionCessions mesuréesPrix médian
Île-de-France244550 000 €
Provence-Alpes-Côte d'Azur144420 000 €
Normandie148257 500 €
Nouvelle-Aquitaine183240 000 €
Pays de la Loire110225 500 €
Centre-Val de Loire75225 000 €
Bretagne146210 000 €
Auvergne-Rhône-Alpes192201 625 €
Grand Est115185 000 €
Hauts-de-France170167 500 €
Occitanie137165 000 €
Bourgogne-Franche-Comté69130 000 €

La Corse, la Guadeloupe et La Réunion comptent respectivement 4, 2 et 8 cessions sur la période. C'est trop peu pour publier une médiane, elles ne figurent donc pas dans ce tableau mais restent comptées dans les chiffres nationaux.

Par département

Un département n'apparaît ici que s'il compte au moins 20 cessions sur les douze mois. En dessous, une médiane reposerait sur une poignée de transactions et n'aurait aucune valeur. Les 38 départements retenus représentent 1 202 cessions, soit 69 % du marché mesuré. L'effectif est affiché à chaque ligne : lisez-le avant le prix.

N°DépartementCessionsPrix médian
75Paris52686 970 €
95Val-d'Oise27660 000 €
92Hauts-de-Seine23650 000 €
93Seine-Saint-Denis29600 000 €
91Essonne34495 000 €
13Bouches-du-Rhône62477 650 €
33Gironde38455 000 €
06Alpes-Maritimes22445 000 €
83Var35420 000 €
78Yvelines24415 000 €
77Seine-et-Marne37350 000 €
17Charente-Maritime30342 500 €
44Loire-Atlantique28335 000 €
76Seine-Maritime46317 500 €
14Calvados34315 000 €
69Rhône42312 500 €
67Bas-Rhin24307 879 €
60Oise47305 000 €
85Vendée23282 000 €
31Haute-Garonne23275 000 €
56Morbihan34275 000 €
27Eure34272 500 €
37Indre-et-Loire20222 500 €
35Ille-et-Vilaine49220 000 €
24Dordogne20220 000 €
59Nord49200 000 €
29Finistère29180 000 €
71Saône-et-Loire21169 900 €
72Sarthe22167 500 €
34Hérault24165 000 €
62Pas-de-Calais33156 000 €
49Maine-et-Loire29150 000 €
30Gard21150 000 €
22Côtes-d'Armor34150 000 €
68Haut-Rhin21145 000 €
42Loire31120 000 €
80Somme27120 000 €
50Manche24117 250 €

Ce que cette mesure ne dit pas

Un chiffre honnête vient avec ses limites. Voici les nôtres.

Ces limites sont exactement pourquoi un prix de marché ne remplace pas une valorisation. Il situe, il ne valorise pas.

Situer un fonds n'est pas le valoriser

Savoir qu'un fonds vous est proposé à 250 000 € vous dit qu'il est au niveau de la médiane nationale. Ça ne vous dit pas s'il les vaut.

Sur un bureau de tabac, la valeur ne se déduit pas du chiffre d'affaires, parce que le tabac représente 70 à 80 % du chiffre d'affaires affiché mais n'est rémunéré qu'à 8,35 % net. Deux débits au même chiffre d'affaires peuvent avoir des valeurs très différentes selon la part des jeux, de la presse et des services. La seule méthode qui tienne consiste à valoriser activité par activité, chacune sur sa commission propre.

Estimer la valeur d'un bureau de tabac